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Mathieu Besnard

/web/photos/2015-Mathieu_Besnard.pngIl se dégage du jeu de Mathieu Besnard une élégance. Même lorsqu'il interprète Lopakhine dans « La Cerisaie », mis en scène la saison dernière par Thibaut Wenger, il confère à l'ancien moujik devenu businessman, la juste dose d'ampleur et de prestance. Ce que Tchekhov avait veillé à construire, pour être en empathie avec ce personnage qui vient, en achetant la Cerisaie, détruire un monde révolu, celui de Lioubov. Sa haute carrure lui confère une autorité. Celle nécessaire au frère aîné qu'il interprète dans « L'Enfant colère », belle découverte sur les planches de l'Océan Nord due à la mise en scène pleine de fraîcheur et d'énergie de Sophie Maillard. Mais ici aussi, lui qui a pris son rôle paternel très au sérieux, voit le navire familial tanguer, quand frère et soeur déballent au dîner secrets et rancœurs. Le roc qu'il était se fissure, et le comédien formé à l'INSAS de pouvoir faire percer une certaine fragilité. Sa jeune carrière nous permet de déceler une certaine fidélité dans ses collaborations, avec Thibaut Wenger qu'il accompagne dans « Platonov ou presque » toujours de Tchékhov, « Woyzeck » de Büchner et dans « L'Enfant froid » de Mayenburg, mais aussi avec Sophie Maillard ou encore Lea Schwebel. N. N.

« La Cerisaie », d'Anton Tchékhov, mise en scène de Thibaut Wenger au Théâtre Varia. « L'Enfant colère », écriture et mise en scène de Sophie Maillard au Théâtre Océan Nord. dans "La Cerisaie", "L'enfant colère"

Clément Goethals

/web/photos/2015-Clément_Goethals.pngDans « Le Garçon de la piscine » de Salvatore Calcagno, Clément Goethals campe un personnage toute en espièglerie. Au sein d'une bande de branleurs ritals regardant passer les filles, il amène une fraîcheur tout en intégrant le jeu sensuel et lascif de son environnement. Le visage rond et le sourire qui l'est tout autant soulignent des attitudes presque enfantines et une étincelle dans l'œil qui capte notre attention. Révélé dans « Angels in America » à sa sortie de l'INSAS en 2012, il confirme tout le bien que l'on pensait de la pépinière de tallent que nous faisait découvrir cette production d'Armel Roussel. Mais c'est aussi en dehors de la scène que le jeune Roubaisien d'origine imagine sa carrière. Diplômé en « Réalisation théâtre », c'est vers la mise en scène que Clément entend développer ses talents. Il a d'ailleurs fourbi ses armes cette saison aux côtés de David Strosberg pour le patchwork loufoque « Petites histoires de la folie ordinaire. », dans lequel il apparaît également. Ses envies créatives le conduisent actuellement à travers toute la francophonie pour construire patiemment le projet nomade « Et la tendresse ? », inspiré des écrits de la Québécoise Évelyne de la Chenelière. Un vrai talent à seulement 24 ans. N. N.

« Le Garçon de la piscine », écriture et mise en scène de Salvatore Calcagno au Théâtre Les Tanneurs. « Petites histoires de la folie ordinaire », de Petr Zelenka, mise en scène de David Strosberg au Théâtre Les Tanneurs. Reprise du 15 au 19 décembre. dans "Petites histoires...", "Le garçon de la piscine"

Brice Mariaule

/web/photos/2015-Brice_Mariaule.pngDémons me turlupinant de Patrick Declerck proposait une psychanalyse de la transmission paternelle en réunissant sur scène trois générations, par son texte et ses deux interprètes. À côté d'un excellent Hervé Piron dans une adaptation scénique d'Antoine Laubin, le jeune Brice Mariaule représentait à la fois le dernier maillon de la chaîne familiale et l'auteur dans ses jeunes années, celle de la fugue et de la découverte du monde, loin du père. Le comédien de 25 ans participait pleinement par son jeu pur et habité à la construction du décor livresque de Stéphane Arcas, mais surtout de ce récit chapitré mêlant souvenirs et états d'âme. Génération. Le mot revient encore une fois à l'heure de rebobiner la saison de ce diplômé du Conservatoire de Mons. Dans L'inquiétude d'être au monde sous la houlette de Pascal Crochet, lui et ses camarades de promotion parviennent à transmettre les paroles riches de Camille de Toledo, pleines de craintes mais aussi d'espoirs des enfants du siècle neuf. Porte-drapeau d'une jeunesse ? Brice Mariaule apparaît en tout cas comme l'une des présences scéniques prometteuses, ayant déjà frappé dans l'œil de talentueux metteurs en scène. Amoureux des mots qu'il partage, l'ancien élève de Frédéric Dussenne les fait siens également par l'écriture, auteur qu'il est de La colère du Mouton, pièce jeune public « un peu absurde et un peu drôle », comme il aime à la décrire. N. N.

Démons me turlupinant, de Patrick Declerck, mise en scène d'Antoine Laubin au Rideau de Bruxelles. L'inquiétude d'être au monde, de Camille de Toledo, mise en scène de Pascal Crochet au Théâtre de la Vie.

dans "L'inquiétude d'être au monde", "Démons me turlupinant"