On est sauvage comme on peut

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L’heure est à la fête, c'est l'anniversaire de Thomas (Thomas Dubot) et pour lui faire la surprise, sa compagne Léa (Léa Romagny) a invité un couple d'amis. Mais était-ce une bonne idée de convier Antoine (Antoine Cogniaux) qui aime à étaler son bonheur, son fringant voilier et son amour pour Belle du Seigneur devant Thomas en training de dépression? Le mieux est peut-être de changer de conversation et de faire part de son enthousiasme pour le documentaire vu la veille sur les manchots... Trop c'est trop, il annonce finalement qu'il va mourir et somme ses amis de dévorer sa dépouille. Voilà que le dîner d'anniversaire se transforme en un banquet cannibale. La comédie noire se fait film gore. Et les personnages les plus éteints et leurs pulsions -sexuelles et animales- de se réveiller: Marie (Marie Bourin), la femme d'Antoine, sort tout à coup de son quasi effacement, et de nous expliquer la recette d'un gâteau amour bestial. C'est de cette sauvagerie que nous parle le premier spectacle du jeune collectif Greta Koetz, celle que renferment les timides et les mal-dans-leur-peau, les dépressifs et les effacés. On est sauvage comme on peut ne manque pas de nous interpeller sur notre capacité à chavirer et à tout foutre en l'air. Le tout mâtiné d'un humour bien senti, d'un sous-texte tendu, de personnages excellemment campés. Carte de visite d'un groupe désireux de nous parler d'émancipation, la proposition nous rappelle une fois de plus que l'ESAC-Conservatoire de Liège, d'où est issue la distribution, est une excellente école d'acteurs. N.N.

On est sauvage comme on peut , du collectif Greta Koetz. Coproduction Théâtre National Wallonie-Bruxelles, MARS – Mons Arts de la Scène , Fondation Mons 2025, La Maison de la Culture de Tournai, la Coop asbl et Shelter Prod . Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles Service du Théâtre (CAPT). Et le soutien de taxshelter.be, ING et tax-shelter du gouvernement fédéral belge | ESACT-Conservatoire royal de Liège, «Tremplin Pépites & Co» – L’ANCRE/Charleroi, Festival de Liège- Factory, La Chaufferie-acte1, Festival «Écoles de passage» – Metz, Théâtre des Doms – Avignon. Création au Festival de Liège.

Création au Festival de Liège.

Reprise du 5 au 27 juillet 2019 au Théâtre des Doms à Avignon, du 10 au 13 décembre 2019 à L’Ancre (Charleroi), Du 21 janvier au 1er février 2020 au Théâtre National.  N.N.

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Partage de Midi

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Se confronter à l’univers de Claudel pour une première mise en scène, quand on n’a pas trente ans, voilà qui est audacieux! Il faut dire qu’Héloïse Jadoul foule les plateaux de théâtre … depuis l’âge de neuf ans ! Rien ne pouvait l’arrêter …

Claudel est à peine plus âgé quand il rencontre sur le bateau qui le mène en Chine, une femme mariée, Rosalie Vetch, avec qui il nouera une liaison passionnée. Héloïse Jadoul a eu la bonne idée de choisir la première version de Partage de Midi, toute vibrante encore de cet amour « interdit », plutôt que celle de 1948, officielle et assagie. Plutôt que de souligner les aspects les plus conservateurs de ce chrétien obsédé par le péché, déchiré entre la chair et l’esprit, Héloïse Jadoul met en évidence l’art du poète dans l’évocation de l’amour, profane et sacré, associés dans le même désir d’absolu et de don total de soi.

Plutôt que de raconter une histoire ou d’analyser des personnages, elle s’est attachée à faire résonner la magie de la langue claudélienne, la beauté fulgurante de ses métaphores, la puissance de ses rythmes. Choisis avec perspicacité, les comédiens s’emparent du texte avec un naturel et une intensité remarquables, sans jamais céder à l’emphase. Ils maîtrisent avec une étonnante maturité le verset claudélien, ce vers libre et souple qui est comme une respiration, une pulsation venue des profondeurs de l’être et en résonance avec l’univers.

Enfin la belle scénographie de Bertrand Nodet (également nommée dans la catégorie « scénographie ») contribue à faire de cette première mise en scène un spectacle puissant, au lyrisme incandescent. D.M.

Mise en scène d’Héloïse Jadoul.

Coproduction du Théâtre de la Vie, du Théâtre Océan Nord et de La Coop. Avec le soutien du Théâtre La Balsamine, du Bamp et de la compagnie La Servante. Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Création au Théâtre de la Vie. D.M.

Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?

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Sous cette question digne d’une couverture de « Gala » se cache une des réalités les plus angoissantes de notre société hyper connectée : la frontière de plus en plus mince entre le réel et le virtuel. A partir d’une banale rupture, Pierre Solot et Emmanuel De Candido nous entraînent dans une enquête vertigineuse sur la personnalité de Brandon, l’amoureux éconduit. Autour d’eux, les outils qui leur serviront à reconstituer en direct, pièce par pièce, le puzzle biographique de ce « digital native », cet enfant du numérique dont ils sont eux-mêmes les contemporains, un monde qu’ils explorent donc en virtuoses : grand écran, vidéo, console de jeu, clavier… On part de l’addiction de l’adolescent aux jeux vidéo pour découvrir ensuite sa passion pour la BD et les romans fantasy, les jeux de rôles stratégiques, les musiques de films d’action… jusqu’à ce jeu mortel dont il ne sortira pas indemne.

Basé sur une histoire vraie, Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ? est un spectacle intelligent, brillamment construit et coulé dans une forme originale qui mêle dialogues, conférence gesticulée, récit et musique. Si le sujet abordé est dramatique, pas de jugement moral ni philosophique, pas de dénonciation directe. C’est par des descriptions froidement réalistes et des informations factuelles que Pierre Solot et Emmanuel De Candido suscitent la réflexion du public, avec une distance souvent teintée d’humour et de dérision. D.M.

Un spectacle de la Compagnie MAPS. Coproduction avec le Théâtre de la Vie et l’Atelier 210. Avec le soutien du Conservatoire de Namur, de L’Escaut, du BRASS - Centre Culturel de Forest, de Libitum - Ad Lib, de la Fabrique de Théâtre - Service des Arts de la Scène de la Province du Hainaut, du Festival de Liège, du LookIN’Out, de la Chaufferie Acte-1, des Doms, des Studios de Virecourt (France), de l’asbl Duo Solot. Avec l'aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Service du Théâtre. En coproduction avec La Coop asbl et Shelter Prod, avec le soutien de taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge.

Création au Théâtre de la Vie.

Reprise du 28 avril au 2 mai 2020 à l’Atelier 210. D.M.