(Victor) Frankenstein,

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Le drame fondateur de l'enfance, telle sera la pierre angulaire de (Victor) Frankenstein, nouvelle création émouvante des Karyatides. Toute l’humanité de la mise en scène de Karine Birgé réside dans cette approche de la souffrance, lit de tant de violence. Poussant plus loin encore la parabole, dans la lignée du féminisme anarchique de l'autrice Mary Shelley, la metteuse en scène opte pour un mélange des genres et des codes, Frankenstein étant joué par une femme, poignante Marie Delhaye, en alternance avec Karine Birgé, et sa sœur, Élisabeth, par un homme, subtil Cyril Briant. Entre autres coquetteries, pour créer une distance et jouer avec les lois de la nature. Autant l'écrire d'emblée, la nouvelle création des Karyatides, au studio de la Monnaie, d'une version parallèle de l'opéra de Mark Grey est une franche réussite. Ce mélange de théâtre et d’opéra, en lenteur et clair-obscur, dans une atmosphère gothique, en ne s’appuyant que sur des techniques anciennes, relève en effet de la gageure. De toute beauté, d’une grande précision, extrêmement touchant, entre chants de consolation, de supplique ou de prière, interprétés par la soprano Virginie Léonard (en alternance avec Lisa Willems) et Kevin Navas (ou Thomas Eeckhout) au piano romantique, ce (Victor) Frankenstein , porté par les notes de Rachmaninov, Verdi ou… Céline Dion, pose, en outre, des questions toujours d’actualité autour des lois de la nature et de la limite de leur transgression. L.B.

(Victor) Frankenstein, d'après Mary Shelley. Mise en scène Karine Birgé, création sonore  Guillaume Istace, création lumière Dimitry Jourowski , scénographie et costumes Claire Farah, conception créature Sébastien Boucherit & Joachim Jannin En coproduction avec La Monnaie/De Munt (Bruxelles- BE), Le Théâtre de Liège (Liège-BE), Le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes (Charleville-Mézières-FR), Le Sablier - Pôle des Arts de la Marionnette en Normandie (Ifs-FR), Le Trident – Scène nationale de Cherbourg (Cherbourg-FR), le Centre culturel de Dinant (Dinant-BE), le Théâtre La montagne magique (Bruxelles-BE), Pierre de Lune (Bruxelles-BE), et La Coop asbl.

Au Théâtre de Liège, du 4 au 6/12; aux Tanneurs, du 24 au 27, aux Rencontres Théâtre jeune public de Huy, au Festival mondial des théâtres de marionnettes à Charleville-Mézières...

elu

#VU

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Une gifle. Un séisme. «#Vu» dénonce, en cris, slam et chuchotements, la question du cyberharcèlement à l’école, et de ses redoutables conséquences. Une création confrontante de Mattias De Paep, auteur et metteur en scène, et d’Andreas Christou, metteur en scène et traducteur. Ensemble, ils évitent l’écueil de la vulgarité, de l’outrance, pour entrer en nuance dans le cœur de l’adolescente, émouvante et puissante Julie Carroll dans le rôle de Lisa qui regrettera amèrement d'avoir envoyé, par amour et sexto, ce cœur palpitant sous ses seins, ignorant alors qu'ils seraient jetés en pâture sur les réseaux sociaux. Pari, drague intentionnelle de la victime toute désignée, Lisa et ses gros "nibards", escalade, la machine de guerre se met en route. Suivront, toujours via les réseaux sociaux, les encouragements au suicide dans cette création des Arts Nomades qui démontre avec la précision de l'intelligence, les mécanismes du harcèlement. Tendu de bout en bout, «#Vu» est servi par une comédienne d’une grande justesse, accompagnée sur le plateau par Vincent Cuignet aux percussions, dont les notes, à la batterie ou au xylophone, ponctuent le récit, l’orientent et l’aiguillonnent. Une vraie complicité unit les deux artistes, dans les mots comme dans les silences, au creux de cette écriture métaphorique qui prouve combien la poésie peut aussi traduire la violence. (L.B.) Un spectacle de la Cie Les Arts nomades. Cofinancé par L’Union européenne, soutenue par Child Focus et la COCOF/Région Bruxelles Capitale - Label d’utilité publique.L.B.

Création aux Rencontres du Théâtre Jeune Public à Huy.

Reprise du 15 au 25 octobre au Théâtre de Poche, au Whall, les 9 et 10 décembre.Au Théâtre de Namur, les 28 et 29 novembre; Au Théâtre de Mons, le 13 novembre;A la Maison de la Culture de Tournai le 2 février 2020 et au Festival Paroles d'hommes les 17 et 18 février 2020.

La Question du devoir,

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Arriver sans crier gare, frapper trois coups à la porte en plein cours de français, se faire passer pour une ancienne criminelle puis glisser vers un débat philo, voilà comment le théâtre jeune public revient au cœur de l'école, en classe, sans éclairages ni décors, une tendance très présente aux dernières Rencontres jeune public, celle du théâtre de l’invisible, inspiré du théâtre de l’opprimé de l’écrivain et dramaturge brésilien Augusto Boal (1931-2009). Dans le cadre d’un travail d’intérêt général, Alex Morel, alias Yannick Duret, propose un atelier pochoir dans les établissements d’enseignement secondaire. Elle arrive en début de cours accompagnée de son assistant social, Stan, Gilles Abel, désarmant de naturel. Elle s’installe, surprend et chamboule la classe. Vigilant, Stan la ramène sans cesse à l'essentiel, mais la comédienne, tout en rage contenue, arrive à ses fins auprès d'élèves ayant mordu à l'hameçon. Un genre fragile qui repose sur une improvisation ultra-contrôlée et le jeu nuancé et adapté des comédiens. Bulle philosophique maîtrisée par les Zygomars, cette Question du devoir, en guise d’introduction au débat relatif à l’engagement suite aux attentats de "Charlie Hebdo" et de l’Hyper Cacher mérite assurément d'être posée. Du théâtre bien vivant. (L.B.)

Un spectacle du Théâtre des Zygomars. Coproduction Mars-Mons Arts de la scène. Avec le soutien d’Ithac, de l’Espace Magh, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Région wallonne, de la Province du Brabant wallon et de la Loterie nationale.

Création aux Rencontres du Théâtre Jeune Public à Huy. L.B.